CAP'Amiante

CAP’amiante : bientôt un Label pour valoriser les savoir-faire autour de l’amiante

11 Fév 2022 Auteur 1 Presse

Association d’entreprises confrontées aux activités de traitement de l’amiante, CAP’amiante a obtenu en 2019 le label « Agir » du PRSE 3. Pour créer une dynamique autour de la problématique, elle va elle-même lancer, début 2022, un Label Amiante auquel toutes les entreprises du bâtiment intervenant en sous-section 4 et sous-section 3* pourront candidater. Objectif : valoriser les bons gestes pour préserver la santé des salariés comme ceux des clients, et donc de la population et son environnement. Rencontre avec Yann Le Quellec, président de CAP’amiante.

 

Pourquoi créer un Label Amiante ?

On s’est rendu compte que, souvent, les professionnels ont du mal à valoriser leurs gestes métiers pour les vendre. Ils ne cherchent donc parfois pas à mettre en place des moyens pour protéger leurs salariés de l’amiante. La raison principale, c’est que les professionnels qui font bien les choses ne sont pas assez visibles par rapport à ceux qui n’appliquent pas les règles. Nous avons donc décidé de les rendre beaucoup plus visibles avec le label. L’idée n’est pas d’être sur quelque chose de répressif, mais d’être incitatif. Parce qu’on s’aperçoit que, même avec le répressif, on n’arrive pas à arrêter les chantiers « sauvages ». L’objectif de ce label est de créer une dynamique : les entreprises qui l’auront bénéficieront d’une mise en lumière de leurs compétences, qui devrait inciter les autres entreprises à adopter elles aussi les bons gestes.

Quelles seront les conditions d’attribution du label ?

L’entreprise candidate devra fournir un certain nombre de documents à une commission qui définira, en fonction des moyens mis en place par l’entreprise, si elle peut être labellisée ou non. Il s’agit d’un label de moyens. Le coût du label (200 euros) sera volontairement le montant de l’adhésion à CAP’amiante, pour inciter les entreprises à venir nous rejoindre. Cependant, une adhésion à CAP’amiante ne donnera pas de fait un droit au label. Notre association est jeune et ne compte pour l’instant qu’une quarantaine d’adhérents. Avec ce label, nous espérons monter en puissance et rayonner au niveau national. Avec toujours cet objectif : mieux valoriser les métiers de l’amiante.

Vous évoquez des moyens à mettre en œuvre. Quels sont-ils ?

Il s’agit en premier lieu de moyens humains. L’entreprise doit mettre en place des compétences administratives pour la traçabilité des chantiers amiante. Sur le terrain, il faut du personnel formé et compétent pour la réalisation des travaux. Le deuxième point est d’avoir élaboré et déposé des modes opératoires auprès des instances publiques en fonction des niveaux d’empoussièrement. L’entreprise doit alors avoir le matériel adéquat : masques, EPI adaptés, unité mobile de décontamination… Tous les ans, elle devra communiquer à CAP’amiante ses documents mis à jour pour conserver sa labellisation.

Cette initiative est-elle inédite ?

Oui, il n’existait pas de label de moyens jusqu’ici. On s’aperçoit que les entreprises vont à petits pas — ou pas du tout — vers l’amiante. C’est l’occasion de créer une dynamique pour qu’elles s’y intéressent. Bien souvent, les entreprises qui ont mis les moyens s’essoufflent parce qu’elles constatent qu’il y a une concurrence déloyale autour d’elles. Le label va donner un coup de pouce marketing en rendant visibles les gens qui veulent bien faire les choses, et aussi permettre aux maîtres d’œuvre et d’ouvrage d’avoir une lecture rapide des compétences de chacun, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Une fois la dynamique lancée, les professionnels parleront plus du problème de l’amiante sur les chantiers, les acteurs engagés seront plus nombreux et cela permettra de faire émerger un vrai marché de l’amiante, seule condition pour qu’on arrive à bien se protéger contre les maladies liées à l’amiante.

Quels sont les métiers concernés par l’amiante ?

Tous les métiers de la rénovation du bâtiment ! L’amiante est omniprésent partout, les plus exposés sont notamment les électriciens et les plombiers. Depuis juillet 2019, le repérage avant travaux est obligatoire dans les immeubles bâtis, mais pas encore suffisamment réalisé… Or, il est important que les entreprises, à chaque fois qu’elles réalisent des travaux, demandent bien ce repérage auprès de leur donneur d’ordre. Ce document leur permet d’identifier la présence d’amiante, d’évaluer les risques et de mettre en place les moyens de protections nécessaires à la sécurité de tous. Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises font l’autruche parce qu’elles pensent, à tort, que la gestion de l’amiante est trop compliquée pour elles. Mais, dès qu’une entreprise fait de la rénovation, elle devrait être intéressée par ce label. Il s’agit à la fois de protéger les clients, les salariés et de pouvoir vendre un geste métier.

Pouvez-vous nous rappeler les risques sanitaires liés à l’amiante ?

L’amiante est un peu comme le tabac. Il n’y a rien de systématique. Quelqu’un qui a été faiblement exposé peut tomber malade alors qu’un autre, plus exposé, peut y échapper. Mais c’est un risque qu’il ne faut pas prendre. Il y a autant de décès liés à l’amiante chaque année (3000 à 4000 personnes) que de morts sur la route. Une donnée à mettre en lien avec les moyens qui sont mis en place pour la sécurité routière, et le peu de mesures mis en place pour l’amiante. Il faut donc trouver des solutions et la création de notre Label amiante en fait partie.

* Cadrage réglementaire lié à l’amiante intervenant dans le Code du travail, le Décret du 4 mai 2012 détermine les dispositions particulières aux interventions sur ou à proximité des matériaux, équipements, matériels ou articles susceptibles de libérer des fibres d’amiante.

 

Source : PRSE le 18/11/2021

http://www.paysdelaloire.prse.fr/cap-amiante-bientot-un-label-pour-valoriser-les-a808.html


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