CAP'Amiante

Exposition à l'amiante lors d'opérations d'entretien de dalles de sol


Rapport d’étude sur les expositions professionnelles et environnementales

À la demande de la Direction générale de la santé, l’INRS, la Mairie de Paris, la Cramif et le Centre technique international de la propreté (CITP) ont étudié les expositions professionnelles et environnementales aux fibres d’amiante lors des opérations d’entretien de dalles de sol vinyle amiante. Ces dalles, encore très répandues dans les établissements publics, les bureaux ou les logements, sont entretenues périodiquement avec des moyens mécanisés, parfois abrasifs et susceptibles d’émettre des fibres d’amiante. Les résultats de cette étude sont proposés en téléchargement.

 

Contexte

Parmi les matériaux contenant de l’amiante encore en place dans les bâtiments, les dalles de sol vinyle amiante sont très répandues et couvrent des surfaces importantes dans des établissements publics, des hôpitaux, des bureaux ou des logements. Ces dalles font l’objet d’opérations d’entretien périodiques avec des moyens mécanisés comme des mono-brosses équipées de disques abrasifs pouvant conduire à l’émission de fibres d’amiante dans l’air.

Il existe aujourd’hui peu de données sur les expositions environnementales et professionnelles aux fibres d’amiante lors de telles opérations d’entretien. La Direction générale de la santé a ainsi commandé une étude des expositions professionnelles et environnementales aux fibres d’amiante lors des opérations d’entretien de ces dalles de sol vinyle amiante.

Objet de l’étude

Cette étude a été réalisée par l’INRS, la Mairie de Paris (Service parisien de santé environnementale,  Laboratoire Amiante, fibres et particules / SPSE-LAFP), la Cramif (Laboratoire de toxicologie industrielle) et le Centre technique international de la propreté (CITP).

Différents modes opératoires couramment mis en œuvre aujourd’hui sur ces sols (tel que nettoyage spray, lustrage et décapage humide) ont été étudiés pour mesurer les expositions professionnelles et environnementales aux fibres d’amiante réglementaires (de longueur supérieure à 5 microns) et aux fibres courtes d’amiante (de longueur inférieure ou égale à 5 microns).

Les campagnes de prélèvement ont été effectuées dans les locaux des services des Conseils départementaux de Seine Saint-Denis et du Val de Marne. 15 prélèvements individuels sur opérateurs et 47 prélèvements environnementaux ont été collectés durant ces opérations et analysés en microscopie électronique à transmission analytique.
 

Seuils des niveaux d’empoussièrement aux fibres d’amiante

Fibres d’amiante réglementaires

Les valeurs de référence prises en compte pour situer les niveaux d’empoussièrement sont :

  • de 5 fibres par litres (f/L) pour les mesures environnementales (seuil défini à l’article R.1334-28 du Code de la santé publique),
  • de 10 f/L pour les mesures sur opérateurs (article R. 4412-100 du Code du travail).

 

Fibres courtes d’amiante

Il n’existe pas de valeurs réglementaires, ni pour les niveaux d’empoussièrement dans l’environnement ni pour les expositions professionnelles. Dans son avis de 2009 sur les fibres courtes et les fibres fines d’amiante, l’Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) proposait une valeur de gestion environnementale pour les fibres courtes d’amiante (FCA) a minima 10 fois supérieure à celle pour les fibres d’amiante réglementaires, ce qui correspondrait à 50 FCA/L, considérant que la proportion moyenne de fibres courtes d’amiante dans l’air intérieur des bâtiments était de 90 %. L’Afsset précise que « tout dépassement des valeurs de gestion doit être clairement défini comme une indication concernant la dégradation d’un matériau ou produit contenant de l’amiante environnant et en aucun cas comme une valeur sanitaire ». Elle proposait de ne pas compter les fibres courtes d’amiante pour la réglementation en milieu professionnel. 

Résultats

Les résultats de cette étude sont téléchargeables dans le rapport final de l'étude Dalles vinyle amiante (DVA)  (rapport d’étude 2016/A/25). Au-delà des résultats, ce rapport comporte également des préconisations concernant le repérage des dalles vinyle amiante, la formation du personnel, les bonnes pratiques à suivre et la gestion des consommables, des matériels et des déchets. 

 

Principales conclusions

  • Les modes opératoires testés au cours de cette étude, s’ils sont correctement mis en œuvre, n’émettent pas de fibres d’amiante réglementaires dans l’air.
  • En revanche, certaines opérations comme le lustrage ou le décapage humide peuvent être sources de fibres courtes d’amiante dans l’environnement.
  • Par ailleurs, tous les consommables et les effluents liquides sont contaminés par l’amiante à l’issue de ces opérations et doivent être considérés et éliminés comme des déchets amiantés.

 

Source : INRS en 2020

Exposition à l’amiante lors d’opérations d’entretien de dalles de sol - Actualité - INRS


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